Bucarest la noctambule

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Bucarest la noctambule

La première fois que j’ai vu Bucarest, ce n’est pas la beauté de la ville qui m’a frappé mais c’est son charme. La ville en elle-même n’est pas magnifique, les vestiges architecturaux n’ont pas été très bien conservés et partout on peu apercevoir les blocs de 8 à 10 étages construits durant l’époque communiste. Mais Bucarest a un caractère. Elle est pleine de surprises et de malices. Elle est vivante et très changeante d’une saison à l’autre.

En été la chaleur est suffocante, elle atteint facilement les 40 degrés. Heureusement La ville est aérée par d’immenses parcs, où on peut boire un verre, faire du vélo, ou simplement s’allonger à l’ombre. Ses îlots de fraicheur semble couper du reste de la ville, même s’ils sont situés dans le centre ; on n’y entend presque pas le bruit des voitures, on y aperçoit des goélands ( car presque tous les parcs ont un lac) et souvent, on y rencontre des écureuils. En se perdant un peu dans la ville, on peut admirer les œuvres de street-art, nombreuses et très travaillées. L’occasion de prendre en photo ce qui participe au caractère de Bucarest. Le soir, on se rend dans le vieux centre pour boire des verres en terrasse. Le vieux centre est un sorte de ruche qui bourdonne sans interruptions. Peu importe l’heure, le jour de la semaine, la saison, il y a toujours un restaurant, un bar ou une boite ouverte. On passe de l’un a l’autre sans distinction au milieu de la foule, des rires et du brouhaha. On s’y retrouve, on s’y rencontre. Les roumains sont des bosseurs mais le week-end ils font la fête jusqu’au bout de la nuit. Il s’avère parfois difficile de suivre ce rythme effréné. L’été c’est aussi la saison des festivals. Souvent, il y en a tellement en même temps qu’il est difficile de choisir ; cinéma, théâtre, musique, danse, art, photographie… Les prix sont très avantageux et les programmations regorgent de talents.

 

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Par contraste, l’hiver est une saison rude : la température atteint les -20 degrés au mois de janvier. La ville porte son manteau blanc, la neige pouvant monter jusqu’à 80cm. C’est une autre Bucarest que l’on découvre ; l’eau des lacs se couvre d’une épaisse couche de glace, il n’est pas autorisé d’y patiner mais des patinoires extérieures sont installées dans plusieurs parc. Le froid est compensé par le vin chaud, qu’on peut acheter dans les petits stands qui fleurissent dans toute la ville. La vie nocturne est moins intense, mais continue de nous faire danser. C’est une scène plus underground qui apparaît, à l’abri des clubs ou des anciennes usines réhabilitées. L’hiver c’est aussi l’occasion de gouter la cuisine traditionnelle roumaine, composés de plats généralement très riches. Au menu, soupes, plat en sauce, gâteaux et viandes grillées. Une fois en Roumanie profitez-en pour pousser jusqu’à Buzescu où vous pourrez déambuler parmi les palais que la communauté rom se construit, sans autorisation et sans toujours se poser la question du bon goût.

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Bucarest c’est ça, une ville qui vit au rythme des degrés perdus et gagnés, pleine de contrastes et de dynamiques. Elle nous invite à nous perdre, a nous laisser entrainer par son énergie et son apparente naïveté. Elle nous déroute autant qu’elle nous paraît familière. Bucarest c’est cette personne, pas spécialement jolie mais qui a ce « je ne sais quoi » qui vous fait tomber sous le charme.

 

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