Folies Douces, la force du collectif

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Folies Douces, la force du collectif

Tous les jours on passe dans les rues de Lyon avec l’oeil inattentif de celui qui croit connaître sa ville par coeur. Mais en prenant un peu son temps on s’aperçoit que si les devantures nous sont familières, ce qu’elles hébergent l’est moins. On s’est donc arrêté chez Folies Douces pour en apprendre un peu plus sur ce lieu toujours haut en couleurs. On a eu la chance de trouver Rosalie (que l’on retrouve sous le nom d’Ali Ati) qui nous a expliqué comment fonctionnait cet espace de création. On a même eu la chance de croiser Mélanie venue déposer quelques nouvelles pièces pour son corner Le chas et la souris.

Comment est né ce projet de boutique collective ? 

J’ai commencé il y a quatre ans à donner des cours de couture principalement. Puis on s’est installé ici avec cinq autres créatrices de bijoux, accessoires ou créations textiles. C’est un projet participatif, collectif mais chacune à son coin, son ambiance et son activité propre. Il faut bien comprendre que nous sommes toutes des professionnelles, les créations que l’on met en vente ici sont le fruit de notre travail à temps plein, ce n’est pas un simple hobby. Nous ne sommes pas non plus une boutique éphémère, les six créatrices sont les mêmes en permanence et si les collections, les objets en vente changent et se renouvellent, nous restons les mêmes personnes en charge de la boutique.

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Qu’est-ce qui a motivé la mise en place d’un tel lieu ? 

Je pense que nous avons toute un engagement plus ou moins fort pour la défense de valeurs respectueuses de l’environnement ou de l’éthique. Pour ma part c’était une volonté de sortir des systèmes de fabrication industrielle dans lesquels j’ai travaillé auparavant. C’est une démarche citoyenne dans une certaine mesure, nous voulons défendre un mode de consommation et de production un peu plus conscient et respectueux. L’idée c’était aussi de mettre en avant un certain artisanat, l’art du fait main. On voulait aussi ne offre qui puisse correspondre à tous types de jeune femme, on a donc des choses un peu habillés et d’autres pour la vie de tous les jours. On voulait également éviter d’imposer un rythme de collection trop artificiel, ici chacune dépose ses créations en fonction de ses humeurs, ses envies.

Pouvez-vous nous parler un peu des différentes créatrices présentes dans cet espace ? (Je profite de la présence Mélanie pour qu’elle me présente elle-même ses créations)

Mélanie: Sous le nom le Chas et la souris, je crée des accessoires textiles. J’utilise des tissus de designer, souvent américains aux couleurs vives et motifs un peu rétro. On trouve des portefeuilles, des pochettes, qui sont tous crées par mes soins. Je suis aussi présente sur le site Etsy et dans des boutiques éphémères ou autres marchés d’art.

Rosalie: Ici vous trouvez Beyond Paper, Patricia. Des bijoux entièrement crées à la main et avec du papier recyclé. C’est une fabrication main donc des pièces uniques mais l’idée c’est de redonner de la valeur à un matériau qu’on a tendance à mépriser. A côté il y a Marion, Speaking Hands qui elle a choisi de travailler avec le laiton pour ses bijoux. Elle utilise des procédés de gravure et de réticulation pour des motifs réalisés main. Le résultat est très fin, très élégant. Ensuite il y a Anna, Annamofoz qui fabrique également ses bijoux. Ce sont des créations plaquées argent auxquelles elle ajoute des perles de jade, du verre en fonction des motifs qu’elle a elle-même dessiné. Violeta se présente sous le nom de Plumarte. C’est une jeune femme qui vient de Colombie et qui retransmet une partie de sa culture dans ses produits par les motifs, les couleurs ou les matériaux qu’elle choisit. Par exemple elle ramène des plumes d’oiseaux qu’elle trouve au sol en Colombie et s’en ressert comme matière première de création. Enfin il y a mon coin, Ali Ati dans lequel on trouve mes créations vestimentaires. J’utilise des tissus que je ramène de mes différents voyages en Inde, au Sénégal ou récemment que l’on m’a ramené du Japon. Je les associe à des jerseys unis afin de les détourner de leur usage initial et en faire des vêtements adaptés à notre vie urbaine en quelque sorte.

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A quoi sert l’atelier que l’on voit derrière le comptoir ? 

Folies Douces organise aussi des cours de couture. A la carte ou à l’année,il existe deux formules pour 5 ou 10 séances. Les mardis soirs entre 18 et 22 heures ce sont les adultes qui apportent leurs matériaux et je fournis le savoir-faire. En général on réalise des accessoires. Pour les enfants et les adolescents c’est le mercredi après-midi en plus d’ateliers spécifiques lors des vacances scolaires. Là le thème est imposé et je fournis en général les matières premières pour l’élaboration de tote-bag, écharpes etc. C’est aussi mon atelier personnel où je peux à la fois me poser et veiller sur la boutique, échanger avec les clients.

Enfin est-il possible de vous passer une commande particulière, de faire du sur-mesure ? 

Pour des pièces exceptionnelles oui c’est possible. Pour des robes de mariée par exemple je prends volontiers les commandes. Le reste du temps on part plutôt sur du demi-mesure, c’est-à-dire que l’on réadapte les vêtements préexistants aux différentes morphologies. Le modèle est déjà fait, cela demande donc un investissement temporel moins conséquent.

En résumé, n’hésitez pas à vous arrêter et prendre le temps de flâner dans la boutique, Rosalie se fera un plaisir de vous parler des créatrices, des techniques de fabrication et de la démarche qui les motive et vous ressortirez forcément avec un petit quelque chose !

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