Tokyo, petit coeur de poulet

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Tokyo, petit coeur de poulet

Cette ville est un fantasme futuriste et improbable suffocante de néons. Quand je suis allée à Tokyo pour la première fois, j’ai du prendre le métro pendant une heure pour me rendre à la gare d’Aoto, qui se situe quasi en périphérie de Tōkyō – à noter que la notion de périphérie japonaise n’a pas grand chose à voir avec les ghettos français, bien que nombre de constructions antisismiques brutalistes soient largement présentes sur l’île. Une heure à essayer de prendre le moins de place possible, à regarder cette valse ordonnée des corps qui ne se frôlent même pas malgré la promiscuité absolue causée par la sortie des bureaux. Pour apprécier la ville, il va falloir apprendre à son corps à comporter comme ceux qu’il croise. Il va falloir apprendre à valser rapidement.

Tōkyō est la capitale du Japon mais je ne vous apprend rien. C’est une des plus grandes villes de cette vaste planète terre, un échantillon représentatif de ce qui se trame sur l’île. Je ne vais pas vous servir « Tōkyō est entre modernité et tradition, à l’image du Japon » car ce serait faire un parallèle bien réducteur. Tōkyō est à l’image du Japon car c’est une ville qui se reconstruit sans cesse.

golden gai

La ville qui a souffert de deux incidents majeurs durant le siècle dernier : le tremblement de terre de Kantō en 1923 puis la Seconde guerre mondiale. Mais elle ne s’est pas éteinte. Elle a été rebâtie sur ses propres cendres, souvent à l’identique. Voyez donc ces temples qu’on vous présente comme datant de telle ou telle ère. En lisant les descriptions, vous constaterez que certains d’entres eux ont été reconstruits à l’identiques après avoir été détruits, de gré (car le bois ne dure pas pour toujours) ou de force.

C’est une cité immense mais son système de transport en commun est extrêmement bien rodé, bien qu’il paraisse un peu étrange de prime abord, n’étant pas sujet au monopole d’une entreprise comme la RATP sur le réseau parisien. Vous aurez le choix de prendre le métro de Tokyo (auxquelles s’ajoutent des lignes privées), les lignes Japan Rail (la Yamanote est à ce titre très pratique), les bus (très ponctuels) ou encore les taxis – qui sont certes un peu couteux mais très honnêtes, à qui vous pouvez vous remettre les yeux fermés pour retrouver votre chemin, du moment qu’ils ont un GPS et vous, l’adresse écrite en kenjin.

Se perdre dans les rues carrées de Tōkyō est un passage obligé. C’est très compliqué pour un étranger de s’y retrouver. Les adresses sont complètement différentes, les constructions, toutes encastrées de la même manière. Une carte interactive (type Google maps avec les point bleu qui se bouge en même temps que vous) vous sera indispensable.

tokyo

Je me souviens d’un soir, alors que je logeais à Shinjuku (quartier d’affaires le jour, de relâchement la nuit), où je suis partie marcher sans trop savoir où aller. J’ai découvert le Golden Gai en prenant une rue au hasard. Le Golden Gai est une enfilade de six ruelles où viennent se nicher quelques deux cents bars qui pourront bien souvent vous servir une soupe, des brochettes ou diverses variations de fritures. Le paysage n’a rien à voir avec les buildings fantasques de Shinjuku. Ici, les constructions sont basses, les seules lumières proviennent des enseignes. Gardez l’oeil ouvert, il se pourrait que ce soit là-bas que vous croisiez un Moriyama aviné ou un danseur buto venu fêter un spectacle réussi. Pour ceux qui préfèrent danser à s’assoir, la ville va aussi vous combler. Surtout à Shibuya, autre quartier pour les oiseaux de nuits.

Les musées et les galeries d’art ne manquent pas à Tōkyō. L’art contemporain et moderne (notamment nippon) y sont d’ailleurs très bien représentés. Si c’est l’histoire de l’île qui vous intéresse, ne vous inquiétez pas, tout est là aussi. Outre cela, la ville a plusieurs parcs. Les plus célèbres sont Ueno – dans lequel vous trouverez un temple, une salle de concert, un zoo, trois musées et des musiciens (rien que ça) – et Shinjuku Gyoen – où vous pourrez vous prélasser sur un banc face au raffinement des jardins japonais. Ah oui, une dernière chose : jetez-vous sur les brochettes et adulez la friture. Je vous mets au défi de ne pas devenir végétarien en goutant les brochettes de coeur de poulet. Beaucoup de kantai de sushis qui semblent insalubres servent en réalité les meilleurs sushis du monde, même si la langue n’est pas très engageante, goutez tout, tout le temps et fuyez les adresses trip advisor.

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